Mais "les personnalités préférées des Français aiment-elles les Français ?"
Première chronique, première polémique : Zemmour soupçonné de... nanophobie par Rue 89 !
Thibaud
Mais "les personnalités préférées des Français aiment-elles les Français ?"
Première chronique, première polémique : Zemmour soupçonné de... nanophobie par Rue 89 !
Thibaud
Rédigé le 04 janvier 2010 à 21h09 dans Culture de mort, Economie et social, Histoire, Identité, Tendances, Tribune | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
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Xavier Raufer, criminologue, est interrogé dans Le Choc du Mois (site) de janvier :
"Il y a un phénomène d'aveuglement à l'endroit du Brésil. Dans les années 60 du XXème siècle, l'intelligentsia sombra dans la "Maolâtrie". Aujourd'hui l' "homme de Davos" se vautre dans la "Brésilâtrie". Or, ce pays chouchou des libéraux mondialistes, voué à l'adulation médiatique, est un enfer criminel : 50 000 homicides par an et le record du monde des assassinats par armes à feu. Outre cela, le Brésil est un des pays les plus inégalitaires au monde, les quarantes principales propriétés terriennes du Brésil ayant à elles seules la superficie de la Grande-Bretagne entière. Un pays où l'implication des Noirs au sommet de la société est quasi-nulle, où les riches vivent derrière des murs de trois mètres de haut, protégés par des centaines d'agents de sécurité privée. Dans les favelas (Rio de Janeiro compte un millier de favelas), le taux d'homicide est de 150 pour 100 000, alors que dans les quartiers chics, à deux kilomètres parfois, on retombe à 2 pour 100 000 (taux européen). C'est cela le modèle de Davos ?
(...) Allez donc voir un film brésilien, Troupe d'élite, qui montre la police brésilienne face au mega gang Primeiro Comando da Capital, Premier commando de la capitale (PCC), dans les favelas de Sao Paulo. Le Monde et Libération, qui sont un peu les Pravda de la mondialisation heureuse, ont peu apprécié - or, cette fiction en dit plus qu'un documentaire sur la violence au Brésil. Le jour de la fête des Mères 2006, la guerre entre la police et le PCC a provoqué 152 morts !"
Le Choc du Mois est en vente dans toutes les bonnes presses.
Rédigé le 01 janvier 2010 à 17h46 dans Cinéma, Culture de mort, Délinquance, Economie et social, La vie des médias, Tendances, Tribune, Vie politique française | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
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Le député-maire de Cholet Gilles Bourdouleix, en réponse à une lettre de l'association "Cité et Culture", a osé écrire, à propos de la proposition de loi du député Christian Vanneste visant à réserver l'adoption aux couples mariés :
Une fois de plus, à partir d’un cas particulier qui s’inscrit dans la demande d’une infime minorité, on cherche à légiférer en sombrant dans la caricature et en pénalisant des victimes collatérales.
Libre à vous de partager l’obsession homophobe de Monsieur Vanneste. Je n’apprécie pas plus cette attitude que celle de certains lobbies homosexuels.
Avez-vous pensé aux couples vivant en union libre, donc officiellement composés de 2 célibataires au plan juridique et qui souhaitent adopter ? Peut-être voulez-vous leur interdire cette possibilité ?
Ils n'ont qu'à se marier. Car s'ils souhaitent adopter, c'est qu'ils projettent de vivre ensemble toute leur vie...
Avez-vous pensé, en jetant l’anathème sur les personnes seules élevant un enfant, aux mères célibataires, parfois par choix, parfois par accident de la vie ? Peut-être voulez-vous leur enlever leur enfant ?
Il s'agit d'interdire l'adoption par les célibataires, pas d'enlever à une femme célibataire l'enfant qu'elle a eu...
Personnellement, au-delà de mes fonctions, je m’opposerai avec force au texte de monsieur Vanneste. Avec une telle législation, il se trouve que mon père serait resté orphelin et que je n’aurais pas eu de grand-mère maternelle.
Battez-vous pour défendre les valeurs de la famille. Vous gagnerez en crédibilité.
Sic.
Mais ces valeurs ne se justifient pas en jugeant les autres quand ils sont différents. Elles se justifient par elles-mêmes à condition qu’elles reposent dans leur présentation sur un fondement de tolérance humaniste.
L’intégrisme en quelque domaine que ce soit n’a jamais fait avancer l’humanité.
J’imagine qu’à ce rythme-là, la prochaine proposition de Monsieur Vanneste sera de rétablir l’étoile rose !
Des propos que ne renieraient pas certains extrémistes "gays".
Un président de fédération du CNI qui souhaite garder l'anonymat nous indique quant à lui qu'il s'agit d'une "prise de position personnelle de Gilles Bourdouleix" et qu'à se titre, "elle fait partie du débat interne mais reste extrêmement marginale et ne correspond pas au programme du CNI".
Rédigé le 30 décembre 2009 à 23h11 dans Culture de mort, SOS Homofolie, Tendances, Tribune, Vie politique française | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
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Lu dans Le Courrier des Yvelines du 30 décembre :
Il y avait relativement peu de monde à ce débat sur l'identité nationale, le deuxième organisé dans le département, salle Jacques-Tati à Saint-Germain en Laye. (...) il s'agissait d'évoquer cette fois la citoyenneté française. Ce concept appelle sans doute moins la polémique que celui d'identité nationale. (...)
Le maire [UMP] de Saint-Germain en Laye Emmanuel Lamy a pris la parole en premier pour célébrer la "communauté de valeur et de destin", plus proche de la définition de la nation que de la citoyenneté. Le débat ne pouvait manquer de glisser rapidement sur le terrain de l'immigration. Emmanuel Lamy, lui, préfère parler de mondialisation que d'immigration. "Bien entendu, les racines de notre civilisation plongent dans le judéo-christianisme mais la mondialisation rend les choses plus compliquées", a-t-il expliqué. "C'est forcément moins simple pour les gens de ma génération. A 20 ans, je savais ce que c'était qu'être français. Aujourd'hui, l'homme est en train de changer avec les échanges numériques, les réseaux sociaux comme Facebook..." [sic] (...)
Le député [UMP] Pierre Lequiller a préféré parler d'Europe : "J'ai fait cette remarque à Eric Besson, le ministre de l'immigration. L'identité française est aussi européenne" [sic]. Selon Pierre Lequiller, qui se place dans le digne héritage des Lumières, "être français, c'est avoir un message à porter au monde" [sic]. (...)
Le [Parti de la France] est venu en force, avec Myriam Baeckeroot, conseillère régionale d'Ile-de-France. Philippe Chevrier, un militant [Front national] des Yvelines a aussi pris la parole. Pour Myriam Baeckeroot, "l'identité de la France est marquée par son peuplement européen, par l'héritage chrétien et gréco-latin". Selon elle, les fondements de la nation reposent aussi sur "une relation subtile avec l'Eglise". "Ces fondements sont menacés par la dénatalité, et l'immigration remet en cause la substance du peuple français. L'islamisme remet en cause la laïcité" a-t-elle ajouté avant que l'animateur du débat ne lui reprenne le micro. (...) il fut dans un deuxième temps question de la coexistence entre les religions et de la place que prend l'islam en France. "Il ne faudrait pas que Colombey-les-deux-Eglises deviennent Colombey-les-deux-Mosquées !" s'enflammait une participante empêchée de débattre à Saint-Quentin-en-Yvelines au début du mois.
Rédigé le 30 décembre 2009 à 17h48 dans Antichristianisme, Chrétien(s) au quotidien, Culture de mort, Culture de vie, Economie et social, Histoire, Identité, Immigration, Islam, Patrimoine, Tendances, Tribune, Vie politique française | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
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Thibaud
Rédigé le 30 décembre 2009 à 17h19 dans Délinquance, Tendances, Tribune | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
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Le Dr Dickès, président de l'Association Catholique des Infirmières et Médecins (site), répond aux questions de Civitas sur le travail dominical :
Au nom du « libéral », les gouvernements se croient autorisés de faire n’importe quoi. La nature, y compris la nature humaine, a ses propres rythmes. Le repos en est un pour le règne végétal, animal et pour les hommes. Une terre qui n’a pas connu l’hiver dans nos contrées ne donnera jamais de blé de bonne qualité. Nous apprenons en médecine le rythme circadien. Il s’agit d’une véritable horloge logée dans notre cerveau. Elle est liée bien sûr à la chronologie des jours et des nuits. Mais aussi des semaines et des saisons. La nuit est faite pour se reposer, le dimanche de même. La médecine aborde actuellement timidement la chronobiologie. Laquelle permet de déterminer l’efficacité d’un médicament en fonction de l’heure où il est pris. Cette efficacité peut aller de un à deux. Au nom de quoi une notion de libéralisme fumeux remplacerait les données élémentaires de la nature à laquelle toute l’écologie se réfère ? Si, il y a une raison ! Celle de déstabiliser l’être humain pour le priver progressivement de ses facultés de jugement, de raisonnement. C’est le principe de base de tous les totalitarismes et des moyens qu’ils ont utilisé dans l’histoire notamment par le lavage de cerveau. (...) Sans parler bien sûr des conséquences sur la vie familiale, sociale et l’état de santé.
(...) La plupart des gouvernements ont la volonté directe de détruire les fondements de la loi naturelle par des décrets de lois iniques contre la vie. Or un fait est là : la famille est pour tous les hommes du monde le refuge naturel. Les apôtres du gender considérant que l’homme est une femme ou inversement se trompent lourdement. Dans ma région qui est le Nord, un vaste sondage a été fait par le journal La Voix du Nord. 92 % de la population considère que la valeur la plus importante dans la vie est celle de la famille, avant celle du travail. D’autres sondages nationaux vont dans le même sens. Y compris dans le cadre des familles reconstituées. A ce sujet il vient d’être démontré que le mariage est statistiquement un facteur de longévité.
Rédigé le 30 décembre 2009 à 15h11 dans Antichristianisme, Chrétien(s) au quotidien, Culture de mort, Défendre la famille, Délinquance, Economie et social, Science, Tendances, Tribune, Vie politique française | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
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Communiqué
Dominique Souchet, député du Mouvement pour la France, s'élève contre la décision du Conseil européen du 21 décembre d'ouvrir un douzième chapitre de la négociation d'adhésion avec la Turquie, celui consacré à l'environnement.
Ce nouveau chapitre qui vise à harmoniser la législation turque avec celle de l'Union européenne est un chapitre décisif. Sous couvert d'objectif environnemental, c'est en réalité un choix politique qui est fait : permettre à la Turquie de faire un nouveau pas vers l'adhésion.
Au lieu de poursuivre en douce le processus d'adhésion, les dirigeants européens feraient mieux de dire clairement à la Turquie que si elle est un voisin avec lequel on veut avoir les meilleures relations possibles, elle ne peut être un membre de l'Union européenne en raison de la géographie.
Rédigé le 29 décembre 2009 à 11h55 dans Tribune, UE/Turquie, Vie politique française | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
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Lu dans Famille Chrétienne n°1663, sous la plume de son rédacteur en chef Philippe Oswald :
Le motu proprio Summorum pontificum élargissant l’usage de la forme extraordinaire du rite romain a déjà fait couler beaucoup d’encre. Pourtant, deux ans après sa promulgation, il n’est pas sûr qu’il soit bien compris, même de ceux qui l’approuvent ou s’en félicitent. On le réduit souvent à une concession ou à un geste de sympathie envers les « tradis ». Or sa portée est bien plus vaste : elle concerne toute l’Église et son développement.
C’est un ami et disciple de Benoît XVI, doublé d’un expert en la matière, qui l’explique dans ce petit livre lumineux et d’une rare densité. Outre qu’il enseigne la liturgie et la théologie sacramentaire à l’Institut de théologie de Bari (Italie), Mgr Nicola Bux est à la fois consulteur pour la Congrégation pour la doctrine de la foi, consulteur de la Congrégation pour la cause des saints, et consulteur au Bureau des célébrations liturgiques du souverain pontife. C’est dire si son avis est autorisé. Son propos se voit d’ailleurs étayé par trois préfaciers non moins compétents, que l’éditeur a eu la judicieuse idée de réunir dans une exceptionnelle polyphonie : Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne, Lescar et Oloron, pour l’édition française ; le célèbre journaliste et écrivain Vittorio Messori, pour l’édition italienne ; enfin, pour l’édition espagnole, le préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements en personne, le cardinal Antonio Canizarès.
Au cœur des actuelles discussions doctrinales entre la Congrégation pour la doctrine de la foi et la Fraternité Saint-Pie-X, il y a l’héritage du concile Vatican II, et notamment la liturgie. Pour Benoît XVI, on le sait, le Concile doit être lu et appliqué selon une « herméneutique de la continuité » et non « de la discontinuité et de la rupture ». C’est bien ainsi, « entre innovation et tradition » (Mgr Aillet), qu’il faut concevoir la réforme liturgique qui n’est toujours pas achevée (cardinal Canizarès). Telle est la conviction du pape et telle est la volonté qu’il déploie avec « la patience de l’amour », souligne Mgr Bux : il s’agit de compléter et de corriger ce qui doit l’être afin que la liturgie eucharistique, « source et sommet de la vie chrétienne », donne un nouvel élan missionnaire aux chrétiens du XXIe siècle.
Donner la première place au caractère sacré et divin de la liturgie
Dans cette perspective dynamique, plus question d’opposer les Missels de 1962 et de 1970, mais de saisir le développement organique et continu qui unit les deux formes du même rite romain, pour retrouver un « ars celebrandi » donnant la première place au caractère sacré et divin de la liturgie, sans omettre la communion fraternelle mise en valeur dans la forme ordinaire du rite. Il faut pour cela plonger en eaux pro-fondes, jusqu’aux sources théologiques de la liturgie (cf. le Catéchisme, 1077-1112) que le Concile a voulu restaurer (comme l’écrit Vittorio Messori, « le problème n’est certainement pas le Concile, mais sa déformation : on sortira de la crise en retournant à la lettre et à l’esprit de ses documents »).
Ce programme implique que soit promue dans les séminaires « une connaissance à la fois théorique et pratique des richesses liturgiques, non seulement du rite romain, mais aussi, dans la mesure du possible, des divers rites de l’Orient et de l’Occident, créant ainsi une génération de prêtres libres de tous les préjugés dialectiques » (cardinal Antonio Canizarès).
L’œcuménisme n’est pas en reste : alors que des anglicans traditionnels rejoignent l’Église catholique romaine en y apportant leur art de célébrer, l’unité s’exprime aussi par la complémentarité des diverses formes rituelles entre l’Orient et l’Occident (on se souvient du satisfecit exprimé par le patriarcat de Moscou lors de la promulgation du motu proprio).
On le perçoit mieux grâce à l’étude de Mgr Bux : c’est un large horizon qu’ouvre le motu proprio de Benoît XVI. N’oublions pas cependant que cette ouverture dépend aussi très concrètement de l’effort de tous, pasteurs et fidèles attachés à l’une et à l’autre forme du rite, pour s’apprivoiser dans une volonté de compréhension et d’accueil mutuels, dans une communion fraternelle inspirée par une authentique charité.
Thibaud (via Paix liturgique)
Rédigé le 29 décembre 2009 à 09h36 dans Chrétien(s) au quotidien, Notre Eglise, Tendances, Tribune | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
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pour Noël.
"En contemplant le «nouveau-né de la crèche» que nous nous apprêtons à fêter, je
pense à la dépréciation alarmante de la vie humaine dont on cherche
parfois à se défendre plutôt que de la protéger, en particulier chez
les plus petits et les plus faibles : le drame de l’avortement - et
pour les innocents ainsi sacrifiés, et pour les femmes ainsi blessées
dans leur maternité -, le dépistage systématique des anomalies
génétiques, les recherches hasardeuses et inacceptables sur les
cellules souches embryonnaires, comme l’ont rappelé les évêques de
France dans le débat récent sur la révision des lois de bioéthique." (Lire le message dans son intégralité)
«Jésus est né loin de chez lui, on n'a pas voulu loger ses parents. Il
est l'exilé, le pauvre, le démuni. Comment ne pas voir en lui le signe
de tous les enfants qu'on ne veut pas accueillir parce qu'ils nous
dérangent. C'est l'enfant qui n'arrive pas au bon moment, c'est
l'enfant qui porte un handicap, c'est l'enfant qui n'a pas sa place et qu'une IVG banalisée fera
disparaître.
Dans de nombreux pays, l'enfant est livré à la prostitution, à la
mendicité, au vol, victime innocente de notre refus de partager les
biens de ce monde. La liste est longue, mais, aujourd'hui, à Noël, « un
enfant nous est donné ». (source)
Rédigé le 26 décembre 2009 à 18h30 dans Avortuerie, Bioéthique, Chrétien(s) au quotidien, Culture de vie, Economie et social, Notre Eglise, Tribune | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
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EXCLUSIF ! Veuillez trouver infra la réponse de l'évêque de Troyes, Mgr Marc Stenger, à nos révélations sur la soirée organisée le 11 décembre dernier au séminaire des Carmes. Nous le remercions d'avoir pris le temps de nous écrire ainsi que pour sa bienveillance (qui tranche avec l'agressivité du supérieur du séminaire...). Nous avons souligné certains passages. Voici le courriel de Mgr Stenger :
Le 20 décembre 2009
Aux rédacteurs du site E-DEO
Chers amis,
Je vous avoue que je ne connais pas votre site, mais on m'a communiqué ce qui y a été écrit à propos de la fête de Noël qui s'est déroulée au Séminaire des Carmes, vendredi 11 décembre. Si j'ai eu cette communication, c'est parce qu'il se trouve que j'étais présent à cette soirée.
Pourquoi étais-je présent ce jour-là? Parce que j'avais été sollicité par le Supérieur du Séminaire pour présider l'Eucharistie au cours de laquelle étaient célébrées les admissions et les institutions d'un certain nombre de séminaristes. Le Supérieur fait appel chaque fois à un évêque, dont l'un ou l'autre séminariste fait partie de ceux qui sont admis ou institués. La fête de Noël, d'après ce qui m'a été dit, se vit habituellement ce soir là. J'ai été invité à rester au repas et à la fête. Je n'avais aucune raison de refuser cette invitation. J'ai regretté que dans la relation de cette soirée sur votre site, aucune mention n'ait été faite de la célébration. Je peux témoigner qu'elle était d'une belle tenue et d'une incontestable profondeur spirituelle.
Elle avait été préparée avec beaucoup de sérieux par les séminaristes et elle était animée par eux. De nombreux prêtres étaient présents et l'église était archi-pleine. Plusieurs personnes m'ont fait part à la sortie du bonheur qu'ils avaient éprouvé à participer à cette liturgie. A partir du moment où on voulait parler de ce qui s'est passé le 11 décembre, il eût été juste de témoigner aussi de ce temps de prière.
Venons en au repas et à la fête, où n'étaient plus présents que les séminaristes, leurs formateurs et les familles et amis de ceux qui avaient été admis ou institués. J'ai consacré seize années de ma vie de prêtre à la formation des séminaristes (dont sept comme supérieur du Séminaire de Metz). J'ai vécu autant de fêtes de Noël et je peux vous dire que dans le genre elles se ressemblent toutes. Les séminaristes considèrent ce moment comme un moment de détente, un peu débridé quelquefois, mais en principe toujours dans les limites. A part quelques sketches sur lesquels je vais revenir, ce qui a été proposé le 11 décembre était plutôt de bonne tenue.
Comme dans la communauté, il y a un grand nombre de séminaristes des Missions Étrangères de Paris, nous avons eu droit à une séquence Asie assez développée. C'est dans le cadre de cette séquence que j'ai été mis à contribution. Il fallait que le Supérieur et moi-même nous donnions à manger mutuellement avec des baguettes. Je puis vous assurer que ce fut bref et sans excès. Le Supérieur du Séminaire et moi, nous nous connaissons depuis 42 ans. J'ai pensé que les séminaristes voulaient de cette manière faire un clin d'œil à une vieille amitié. Il y a eu aussi un combat de Sumos auquel deux membres de l'équipe de formation se sont prêtés de bonne grâce. Je peux vous dire que lorsqu'on est membre d'une équipe de Séminaire, ce soir-là on joue le jeu et on accepte de se laisser « moquer ». D'autant plus qu'en général cela reste de bon aloi. J'ai lu quelque part une allusion à la tenue « légère » qu'aurait eue un des deux formateurs. Je peux vous assurer qu'il n'en est rien. Ils avaient plutôt une tenue ridicule et sans rien vous cacher, j'ai préféré que ce soit eux plutôt que moi. Si ma mémoire est bonne, cette tenue un peu « légère » était portée par un des séminaristes qui intervenaient dans le sketche. Je ne l'ai en tout cas pas trouvée scandaleuse.
J'en viens à ce qui a été particulièrement incriminé, le sketche autour du pape Jean-Paul II. Je vous confesse que je suis agacé par le goût qu'ont certains séminaristes de se déguiser en pape. J'ai constaté cela bien souvent dans les seize années où j'ai participé à des fêtes de Noël, organisées par les séminaristes. Ceci dit, il y avait quelque chose d'émouvant dans la conversation « céleste » à laquelle on nous faisait assister entre Jean-Paul II, Mère Thérésa, Soeur Emmanuelle, l'abbé Pierre et Mickaël Jackson. Ceux qui sont sortis dès le début de la scène n'ont pas pu apprécier cela, puisqu'ils ne l'ont pas entendue.
La présentation de Jean-Paul II, avec une perfusion rattachée au crucifix, n'était pas de très bon goût. Je pense d'ailleurs que cela leur a été dit. Mais pour ce que je sais de ces fêtes, la perspective des auteurs de sketche n'est pas iconoclaste, mais de moquerie, un peu à la manière de la « Fête des Fous ».
Je comprends cependant et je respecte ceux qui ont été choqués. En revanche, ce que je ne comprends pas du tout, c'est qu'ils n'aient pas plutôt exprimé leur désaccord aux organisateurs, comme ils en avaient le droit. Je ne sais pas qui a mis cette information sur votre site. La source est nécessairement quelqu'un qui a été témoin de cette soirée directement ou indirectement. Choisir plutôt de répandre sa désapprobation dans le grand public par le moyen d'Internet, c'est s'adresser à des personnes qui n'ont aucune connaissance du contexte et ne peuvent donc que garder une impression négative, qui ne correspond pas à toute la vérité. Cela ne rend service ni à l'Église ni à la vérité.
C'est pour cette raison que j'ai pris la peine de vous apporter mon témoignage. Vous en ferez l'usage que vous voudrez. Mais je pensais que cela valait la peine de vous le dire, alors que nous allons célébrer Noël, fête de la paix et de la communion autour de l'enfant de Bethléem.
Mgr Stenger se déclare par ailleurs prêt à en parler avec nous. Il ajoute :
En cette veille de Noël, où nous pensons à tous ceux qui souffrent, je voudrais faire une place aussi à ceux qui souffrent parce qu'ils ne comprennent pas. L'enfant de Bethléem veut nous sortir de notre aveuglement et nous mettre dans la communion. Qu'il en soit ainsi.
Thibaud (un grand merci à notre intermédiaire!)
Rédigé le 25 décembre 2009 à 17h31 dans Antichristianisme, Chrétien(s) au quotidien, Notre Eglise, Tribune | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)
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Benoît XVI vient de reconnaître les vertus héroïques de Pie XII et Jean Paul II. Ces deux papes, durant leurs longs pontificats, ont été de grands éducateurs des laïcs que nous sommes.
Pie XII délivrait chaque année un radiomessage pour Noël, voici un extrait (d'actualité) de celui du 24 décembre 1954 :
Ce qui doit demeurer et qui sans aucun doute demeurera, c'est l'Europe véritable, c'est-à-dire cet ensemble de toutes les valeurs spirituelles et civiles que l'Occident a accumulées en puisant aux richesses de chacune des nations qui le composent, pour les répandre dans le monde entier.
L'Europe, selon les dispositions de la divine Providence, pourra être encore génératrice et dispensatrice de ces valeurs, si elle sait reprendre conscience de son caractère spirituel propre et renoncer à la divinisation de la puissance.
De même que, dans le passé, les sources de sa force et de sa culture furent éminemment chrétiennes, elle devra, si elle veut retrouver la base et le lien de son unité et de sa vraie grandeur, se décider à revenir à Dieu et aux idéals chrétiens.
Rédigé le 24 décembre 2009 à 19h27 dans Chrétien(s) au quotidien, Economie et social, Histoire, L'UE au quotidien, Notre Eglise, Tendances, Tribune, Vie politique française | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
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Bernard Antony, président de Chrétienté-Solidarité et président du Cercle d’Amitié Française Juive et Chrétienne a écrit au grand rabbin Bernheim, aux dirigeants du Congrès juif mondial et du consistoire central de France :
Nous avons lu avec tristesse et même indignation vos déclarations simultanément injustes et intruses contre la décision du pape Benoît XVI de proclamer vénérable, selon la tradition de notre Église, le grand pape Pie XII dont la mémoire est ainsi honorée pour l’héroïcité de ses vertus.
Vos propos, tout spécialement pour les catholiques informés de ce que fut l’action salvatrice de ce pape ne sont pas recevables. Mais, nous le savons, ils sont jugés aussi comme très regrettables par beaucoup de juifs. Ainsi, le rabbin David Dalin et beaucoup de ses confrères en Amérique et ailleurs ont, dans la continuité des grandes personnalités juives de l’après-guerre, à cœur de ne pas laisser salir la mémoire de Pie XII.
Ils évitent ainsi très heureusement qu’une généralisation hâtive, un amalgame qui serait regrettable, ne soient faits par des catholiques qui pourraient confondre vos institutions avec la réalité multiple de ce que nous appelons le pays réel juif.
Dans ce dernier en effet où les gens de culture et d’esprit libre sont nombreux, on se souvient des pièges et artifices de la propagande soviétique à l’égard des Juifs comme des chrétiens, on se méfie des mauvaises révisions historiques et de la désinformation médiatique.
Car vous reprenez hélas, ni plus ni moins, les thèmes de l’odieuse campagne contre la mémoire de Pie XII orchestrée en 1959 par les « services » des pays de l’Est autour de la pièce « Le Vicaire » de « l’agent provocateur culturel » Rolf Hochhuth. Ce dernier, personnage étrange, à la fois manipulateur et manipulé, fut en effet un excellent instrument de déstabilisation. On l’utilisa aux fins de la subversion dans l’Église. On l’utilisa comme apologiste du terrorisme d’extrême-gauche qu’inspiraient les mêmes services. On l’utilisa encore lorsqu’il parut utile à l’URSS pour sa politique arabe de combattre les influences juives. Il devint alors un « négationniste » selon le propos du président du Conseil Central Juif d’Allemagne, Paul Spiegel.
La manœuvre soviétique vis-à-vis de l’Église catholique consistait à éliminer autant que possible, coûte que coûte, son anticommunisme. On le fit avec le réseau Pax de l’ancien collaborateur polonais des nazis, Piasecki, comme avec Hochhuth. Pie XII avait en effet été aussi fermement, aussi prudemment, aussi efficacement anticommuniste qu’antinazi.
Il fallait, pour bien manœuvrer dans l’Église avec les « compagnons de route » des partis communistes, noircir le plus possible son pontificat.
Il fallait, pour en faire le « pape de Hitler », faire oublier les remerciements et hommages que lui avaient adressé les plus éminentes personnalités juives de l’après-guerre telles madame Golda Meir et Albert Einstein.
Il fallait faire oublier les expressions de gratitude du grand rabbin de Jérusalem, Isaac Herzog, et celle du grand rabbin de Rome Elie Toaff. Il fallait occulter l’éloge de sa prudence par le grand rabbin du Danemark, Marcus Melchior, rescapé de l’extermination.
Surtout, pour certains, il fallait en finir avec l’histoire du grand rabbin de Rome pendant la guerre, Israël Zoller. Ce dernier avait tout obtenu de Pie XII : tout l’or possible pour payer les sommes exigées par les nazis, tous les asiles possibles dans les couvents, et Castel Gandolfo, résidence d’été des papes, était devenu un refuge pour trois mille juifs. Plein d’amitié et de reconnaissance pour Pie XII, le grand rabbin de Rome en vient à épouser sa foi dans le Christ et à se convertir, devenant alors Eugenio Zolli, professeur à l’Université Grégorienne.
Est-ce cela que certains juifs, et peut-être parmi vous, reprocheraient finalement le plus à Pie XII ?
Quelques-uns peut-être, n’ayant pas sur le christianisme le regard si amical de l’admirable historien et homme de vérité, Robert Aron ?
Mais maintenant, pour vous aider peut-être et en aider beaucoup à comprendre le soi-disant silence de Pie XII, qui ne fut qu’une prudence non provocatrice, assumée aux limites des plus grands risques, ne pourrait-on pas comparer son attitude à celles de bien de vos éminents prédécesseurs, conducteurs de votre peuple, quelquefois confrontés aux autres tragédies exterminationnistes ou, pour le moins, informés de leur réalité. Que firent-ils donc de mieux que Pie XII ?
Vous le savez, l’Église catholique avec Jean-Paul II a professé des repentances souvent justifiées pour les actes odieux commis par le passé au nom de notre religion. Pourquoi des autorités juives ne reconnaîtraient-elles pas de même, comme le fit la grande journaliste et écrivain Annie Kriegel, l’engagement d’une partie importante (elle en avait été) du peuple juif dans les révolutions communistes au sein desquelles beaucoup assumèrent les plus hauts postes et hélas aussi d’immenses crimes.
Pourquoi ne pas prononcer aussi, pour l’honneur du peuple juif, quelques phrases de repentance ? C’est, en tous cas, déjà, celui du journaliste israélien Sever Plocker (de Yediot Ahronot) que d’avoir demandé le 21 décembre 2006 de « ne pas oublier que quelques-uns des plus grands meurtriers des temps modernes étaient juifs ».
Bien sûr, nous le savons, le plus grand nombre des juifs des pays conquis par le communisme réprouvaient les horreurs des tchékistes. Quoi qu’il en soit, il serait utile et juste que l’on puisse apprécier quelle fut l’attitude des autorités spirituelles juives. Peut-être à ses débuts la révolution russe les inquiéta-t-elle moins que le nazisme plus tard. On veut bien le comprendre. Mais, lorsque Staline s’allia à Hitler, lorsqu’il s’achemina lui aussi vers un antisémitisme de plus en plus menaçant (complot des « blouses blanches, création du Birobidjan, etc…), qu’en fut-il ?
Osera-t-on nous répondre qu’ils étaient tenus au silence pour ne pas exciter le meurtrier psychopathe du Kremlin ?
Le peuple juif étant par vocation ouvert à « l’universel » comme vous aimez souvent le rappeler, vos prédécesseurs n’ont pu être indifférents aux autres génocides du XX° siècle.
Celui perpétré par le régime maçonnique Jeune-Turc, qui a exterminé les Arméniens et autres chrétiens en 1915, fut de proportion comparable à la Shoah et vit se dérouler des crimes et massacres d’une hallucinante cruauté sadique. La communauté juive turque était alors laissée en paix et plutôt prospère.
On aimerait donc savoir quelle fut l’attitude de vos grands rabbins et de vos dirigeants face à cette tragédie qui, on l’a trop oublié, annonça celle de votre peuple. Hitler ne déclara-t-il pas : « Qui se souvient des Arméniens ? » On n’ose pas penser que vos prédécesseurs auraient été plus indifférents pour les chrétiens que Pie XII pour les Juifs. Là aussi les historiens seront heureux d’accéder à toutes les archives.
Le rédacteur de ces lignes, messieurs les rabbins et dirigeants, est l’auteur d’une « Histoire des juifs d’Abraham à nos jours ». Elle a été écrite pour favoriser un véritable dialogue inter-religieux, dans la vérité, sans complaisance frelatée, mais dans le respect et même l’amitié telle que celle qui règne entre patriotes français juifs et chrétiens au sein de notre cercle d’Amitié Française.
Ce livre lui a valu les éloges de beaucoup de lecteurs, chrétiens et juifs. Commandé par plusieurs instituts et périodiques juifs, il n’a fait l’objet de leur part depuis bientôt quatre ans d’aucune réprobation. Bénéficiant d’articles très favorables dans les principales publications du catholicisme de conviction, il n’a suscité d’hostilité que celle de quelques personnages et groupuscules agités par un antisémitisme aussi affligeant que ridicule.
À l’évidence, les moins sommaires me reprochent d’avoir écrit un livre dans la recherche de la vérité et non sans amour pour le peuple « que Dieu s’est choisi » selon l’expression de Malachi Martin. Ils ne me pardonnent pas d’avoir confié que j’ai souvent travaillé en regardant l’image de Sainte Thérèse Bénédicte de la Croix, Edith Stein de son nom de jeune fille.
Entrée au Carmel de Cologne en octobre 1993, sa supérieure, sachant le redoublement de la haine des nazis pour les juifs catholiques, l’envoya pour la protéger au Carmel d’Echt aux Pays-Bas. Mais lorsque ce pays fut envahi et occupé, un plan de déportation des juifs fut élaboré en 1942. Après la protestation des évêques de Hollande le 11 juillet, ce plan fut aussitôt accéléré. L’ordre avait été donné par le Commandant SS de traiter en priorité, avec une sévérité encore plus grande, les juifs catholiques. Edith Stein et sa sœur Rosa furent arrêtées le 2 août. Au camp de transit de Westerbock, le 5 août, elles n’eurent pas droit au minimum de nourriture encore accordé aux juifs. Une petite carmélite juive, et sa sœur, catholique aussi, voilà en effet des personnes qui constituaient un grand danger pour le III° Reich. Il fallait au plus vite les conduire à la mort. Ce fut fait dès l’arrivée à Auschwitz-Birkenau le 9 août 1942.
La protestation courageuse des évêques hollandais n’avait servi à rien, qu’à augmenter et accélérer la fureur meurtrière des exterminateurs. Cela incita Pie XII à mesurer jusqu’où il pouvait aller trop loin… Mais vous, ses accusateurs aujourd’hui, êtes-vous bien sûrs de bien servir la cause de votre peuple ? Les rabbins et les historiens juifs qui défendent la vérité pour Pie XII et n’injurient pas Benoît XVI le font certainement mieux que vous.
Et voici d’ailleurs qu’au moment même où je terminais ces lignes, je prends connaissance des propos délicats, justes et intelligents de Me Serge Klarsfeld déclarant notamment que « Pie XII a joué un rôle déterminant contre Hitler » et comment grâce à ses directives « des milliers de juifs ont pu être sauvés ».
Je vous prie d’agréer, messieurs, l’expression d’une considération proportionnée à l’esprit de vérité dont vous témoignerez en n‘offensant pas la mémoire d’un pape auquel tant de vos coréligionnaires odieusement pourchassés doivent la vie.
Rédigé le 24 décembre 2009 à 18h05 dans Antichristianisme, Chrétien(s) au quotidien, Economie et social, Histoire, La vie des médias, Notre Eglise, Tendances, Tribune | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
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(...) Le véritable “pape” du nazisme n’est pas Pie XII, mais Luther. Léon Poliakov, historien français de l’antisémitisme, a toujours été catégorique pour évaluer et condamner la virulence antijuive de Luther, la jauger et la juger — ainsi dans le Mythe aryen : « le Réformateur s’acharne contre les Juifs dans cette langue musclée et puissante dont il avait le secret, avec un débordement torrentiel… que personne d’autre n’a égalé jusqu’à ce jour. » Cette phrase a été publiée en 1971 : ainsi donc, à cette date, pour ce très bon professeur qui n’écrivait pas à la légère, et qui fut un des tout premiers en France à réfléchir et à enseigner sur la situation de la Shoah dans l’histoire de longue durée, même les nazis n’avaient pas « égalé » Luther, du point de vue de la langue et de ses capacités pour ainsi dire “physiques” : « musclée et puissante, avec un débordement torrentiel ». Les nazis ont mis au point et employé un autre « secret », les moyens techniques modernes, industriels, du génocide ; mais eux-mêmes savaient que la langue de Luther « contre les Juifs » n’était pas « égalée » par eux, et ils y eurent recours, ils lui rendaient… hommage. Dans l’Histoire de l’antisémitisme de Léon Poliakov, cette condamnation définitive de Luther est centrale. Elle continue de détonner en France, où les hommes des Lumières puis les intellectuels, pour les besoins de leur longue guerre civile contre le catholicisme, ont adopté un système du préjugé favorable à l’égard du protestantisme, traité comme une espèce de… laïcité ! Ce qui eût beaucoup étonné, surpris et choqué Luther, qui avait tout de Ben Laden et rien d’Emile Combes : un intégriste ultra-réactionnaire, un fondamentaliste fulminant. Léon Poliakov sait de quoi il parle, il a raison : si “le Réformateur” a été le re-formateur de quelque chose, c’est bien du permis de persécuter et de tuer les Juifs ; de l’incitation la plus véhémente à les persécuter, à les piller, à les mettre à mort. Il a mis l’antisémitisme en formules : lorsqu’un Premier ministre d’Israël, Menahem Begin, prononce le 19 juin 1981 un discours officiel sur les origines du crime antisémite allemand, il le fait à partir de citations anti-juives de Luther. Qui va jusqu’à faire de l’antisémitisme un critère et une condition de la foi chrétienne : « Que les Juifs transmettent leur foi à leurs enfants est une insulte à la personne du Christ ». Cette phrase signée Martin Luther mérite d’être mieux connue. Elle figure dans un texte contre la papauté comme institution : sa tolérance envers les Juifs serait une des pires preuves de la trahison fondamentale de Rome — cette doctrine catholique formelle, réitérée, théologique, d’une protection des Juifs comme « parents de Jésus » et « témoins de sa Passion ».
Hitler est le “vicaire” de Luther. La pièce de théâtre le Vicaire de Rolf Hochhuth, en 1963, était une machine de guerre contre le concile Vatican II. Elle représentait non pas la vérité historique, mais cette plate-forme commune entre le stalinisme et le protestantisme qui constituait l’“Allemagne de l’est”, la RDA. C’est cette pièce de Hochhuth qui a été recopiée sans réfléchir et sans se renseigner, sans travailler, par le film Amen de Costa-Gavras.
L’Allemagne dans laquelle s’est installé et a grossi le cancer nazi n’était pas sous la coupe du catholicisme et du Vatican. Au contraire. Elle était aux deux tiers protestante. Le catholicisme y subissait une propagande négative incessante dans un consensus général d’anti-papisme de la culture luthérienne, auquel les nazis ne cessaient de se référer, qu’ils exploitaient à fond. Dans la République de Weimar, l’extrémisme anti-républicain et militariste recherchait la dictature à l’intérieur pour la guerre à l’extérieur ; il était protestant en quasi exclusivité. De direction, de recrutement, d’inspiration.
La République n’a pu être maintenue entre 1919 et 1933 que par l’accord des catholiques avec les sociaux-démocrates, qui comprenaient de nombreux Juifs laïques. En face d’eux, la haine acharnée de l’Allemagne anti-démocratique et anti-libérale, nationaliste, nostalgique de l’Empire et du militarisme, qui est protestante : sa masse, sa hiérarchie. Jusqu’à une vague d’assassinats politiques. Le nazisme ne tombe pas de la lune, encore moins de Rome. La mutation cancéreuse qu’est le nazisme, puis son échappée, ses métastases, son invasion du pays puis de l’Europe est d’abord une mutation des cellules protestantes : la montée en puissance du nazisme à partir de 1919 est incompréhensible et impensable sans sa collusion avec le protestantisme allemand majoritaire. L’étonnant est que la république allemande des catholiques, des socialistes et des Juifs ait tenu si longtemps, alors que les puissances qui avaient imposé le traité de Versailles ne faisaient pas le maximum pour soutenir la contre-culture démocratique et républicaine en Allemagne — mortelle frivolité. Hitler qui devait tout, contre la République, aux réflexes nationalistes protestants, associés au nihilisme des communistes, n’avait pas en face de lui un courant culturel d’une puissance équivalente.
(...) On dispose en France depuis 1976 d’un ouvrage historique de premier plan sur cette mutation mortifère dans le terreau de la mentalité protestante allemande de masse : Protestantisme et nationalisme en Allemagne de 1900 à 1945, de la germaniste Rita Thalmann. Elle y utilise un argument impressionnant, irréfutable au premier coup d’œil : les cartes électorales, traitées par ordinateur, des progressions successives des nazis commune par commune, Land par Land, région par région. La différence de vote selon les deux confessions chrétiennes est évidente, et elle persiste sur la durée entre 1919 et la fin des élections après l’incendie du Reichstag : une montée régulière du ralliement au nazisme de la masse sociologique protestante. Il suffira à Hitler, pour cueillir le pouvoir, d’une chiquenaude, par la bascule d’une fraction de politiciens catholiques : ce que l’on résume dans le nom de von Papen, vice-chancelier, qui se crut assez fort pour contrôler le chancelier nazi, voire même bientôt le remplacer. C’était une « dernière carte », mal calculée, elle eut le tort d’échouer ; mais il ne s’agissait que d’une tactique de dernière minute, qui ne change rien à l’enseignement de fond des cartes électorales : le lien entre le vote protestant et le nazisme. Cela aurait dû être reconnu au lendemain de 1945 comme une honte essentielle ; il n’en fut rien : on désigna les quelques catholiques. Mais Von Papen n’est pas le pape. Et il n’aura été que la cerise sur un gâteau qui s’était longuement formé par le pétrissage nazi de la sociologie électorale protestante, de sa mentalité, de son idéologie. Le traitement informatique des cartes est formel : on constate que l’électorat catholique persista à ne pas voter nazi jusque dans l’ultime confrontation électorale où un vote secret était encore possible, et malgré le système de terreur déjà en place. Au contraire, c’est dès le début des années 1920 que le Land le plus protestant d’Allemagne, le Schleswig-Holstein, s’était rallié massivement au parti de Hitler. Ne pas confondre la cerise et le gâteau.
Le protestant nazi proteste, en effet : contre les Juifs. Et contre leurs « complices », comme il les appelle : les catholiques. Dans la langue de bois nazie, on ne dit jamais « le pape », mais « le pape des Juifs » : « der Judenpapst ». Les jeunes nazifiés protestants ne risquaient pas d’oublier cette cible proposée à leur détestation, puisqu’ils en entendaient parler aussi bien à l’école qu’à la maison ; leurs maîtres à l’école, leurs moniteurs dans les organisations du parti, répétaient contre le pape de Rome les mêmes slogans que leurs parents protestants à la maison et leurs pasteurs au temple. La figure du pape aura été le plus grand dénominateur commun entre le nazisme et le protestantisme — avec celle « du » Juif. Si des produits de dégradation d’une religion ont participé à la formation, à la virulence, à la substance même du nazisme, ce sont bien ceux du protestantisme luthérien. Alors qu’il n’y a pas assez de mots pour décrire l’affection des nazis envers Luther : un enthousiasme sans bornes et sans réserves, un attachement et une tendresse émus, sans cesse manifestés. Ils n’avaient pas le moindre grain de contradiction avec le fondateur du protestantisme et du nationalisme allemands. Ils parlent de lui sur le ton d’une admiration enamourée, éperdue, bégayante, d’une adhésion totale. Leur premier soin dès leur arrivée au pouvoir, en 1933, fut de faire frapper des pièces de cinq marks à son effigie. Dans le film nazi Le Juif Süss de Veit Harlan sous la direction de Goebbels, Luther est cité plusieurs fois comme la bonne référence d’un antisémitisme d’avant-garde dont les nazis se réclament : un précurseur. Le scénario de ce film est un soulèvement des braves luthériens du Wurtemberg, au XVIIIème siècle, contre l’infâme complot des aristocrates et des politiciens catholiques et francophiles qui trahissent le bon peuple et le ruinent en s’alliant avec les Juifs.
Le protestantisme nazi intégré au régime institua son noyau dur sous la forme d’un corps de pasteurs arrivistes militants qui prit le nom très officiel d’“Église des Chrétiens allemands, c’est-à-dire des chrétiens de race aryenne” (Kirche der deutschen Christen, das heisst der Christen arischer Rasse). Après les élections du 14 septembre 1930, les autres dirigeants religieux protestants, ceux qui sauvaient encore les apparences, se résignèrent, constatant que leurs ouailles leur échappaient au profit de Hitler ; ils jettèrent l’éponge. Ils admettaient que dans le régime nazi ils ne pouvaient être que des relais et des adjoints, tout à fait secondaires, pas du tout indépendants. Ils ne disposaient pas d’une appui à l’extérieur de l’Allemagne, d’un réseau international. C’est toute la différence avec les structures catholiques qui au contraire, sur les douze ans de pouvoir hitlérien, ne cesseront de préserver leur autonomie. Les temples protestants n’étaient plus que des annexes du conditionnement, les cultes des rassemblements parmi d’autres de la “communauté du peuple” pour la contrôler et l’amalgamer.
Le 30 septembre 1930, soit deux ans et demi avant la prise du pouvoir par Hitler, les pasteurs de l’Ordinariat de Mayence déclarent déjà avoir compris, et saluer avec gratitude, que « les Führer(s) du parti national-socialiste veulent un Dieu allemand, un christianisme allemand, et une Église allemande ». En parallèle, les députés nazis invoquent Martin Luther dans leurs discours au Reichstag, l’Assemblée nationale, comme s’ils étaient en train de prêcher dans un temple protestant. Eux qui ne cessent d’attaquer « Rome complice de Juda » et d’injurier la personne du pape. Ce différentiel de traitement est la ligne du parti nazi. Elle est résumée le 3 avril 1933 par Wilhelm Kube, porte-parole des députés d’Hitler au parlement de Prusse, en présence des ministres du Reich Göring et Frick et d’une vaste brochette d’éminences nazies et protestantes mêlées, dans le discours d’ouverture pour le premier congrès des Chrétiens allemands : « Mes amis, vous pouvez désormais considérer les deux cent onze combattants du groupe national-socialiste au parlement de Prusse comme vos protecteurs et votre avant-garde pour porter en avant la révolution allemande dans la ligne de Martin Luther, au vingtième siècle comme en son temps. »
Soixante-dix ans avant Costa-Gavras et son affiche au signe de Toscani, les pasteurs protestants défilent dans les rues en mélangeant les drapeaux à croix chrétienne et ceux à croix gammée. Ce que n’ont jamais fait les prêtres et les catholiques. Le 25 avril 1933, Hitler désigne le leader des “Chrétiens allemands”, Ludwig Müller, comme Führer du protestantisme nazifié, lui conférant un de ces titres nazis créés exprès qui puent la boue sanglante : « évêque du Reich ». D’une telle nomination il n’y a pas d’équivalent, évidemment, du côté catholique. À Hanovre, le 18 octobre 1934, ce Müller-là claironne : « Notre objectif est une seule Église comme il y a un seul État et un seul peuple. Nous voulons une Église allemande libre de Rome, libre des Juifs. » Müller ne dit pas « mes bien chers frères », mais comme tout autre fonctionnaire nazi il utilise le «Volksgenossen », « compagnons du peuple », c’est-à-dire : « de la race licite », « du même sang ». L’évêque protestant de Brême, Heinz Weidemann, licencie tous ses pasteurs « non aryens » et publie sa propre édition des Évangiles, dont il a supprimé tous les passages et références « trop juifs ». Müller se suicidera le 31 juillet 1945. Dommage. Il n’y a pas eu de procès de Nuremberg du protestantisme allemand nazi. D’où Costa-Gavras. D’où la chasse à courre contre Pie XII.
Il faut noter que ce texte est paru sur le site de la revue La Règle du jeu que dirige Bernard-Henri Lévy.
A lire également, chez nos confrères du Salon Beige, Serge Klarsfeld défend la décision de Benoît XVI.
Rédigé le 24 décembre 2009 à 13h28 dans Antichristianisme, Chrétien(s) au quotidien, Histoire, Notre Eglise, Tribune | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
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Gonzague de Chantérac, Président de l'Association pour la Protection de l'Enfance en Vendée (APEV), membre du Collectif pour l'Enfant, était invité à un débat sur la radio Graffiti le 19 novembre 2009 pour parler des Droits de l'Enfant et de l'adoption monoparentale et homoparentale :
Thibaud
Rédigé le 24 décembre 2009 à 11h46 dans Culture de mort, Culture de vie, Défendre la famille, Délinquance, Economie et social, SOS Homofolie, Tribune, Vie politique française | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
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Rédigé le 22 décembre 2009 à 22h37 dans Chrétien(s) au quotidien, Economie et social, Histoire, Identité, Immigration, Islam, Jeunes, Tendances, Tribune, Vie étudiante | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
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«Les fondamentalistes de l’écologie développent des tendances proprement religieuses ; ils diffusent un millénarisme catastrophiste et inquisitorial qui transforme le tri sélectif des ordures ménagères en religion de salut.»
Rédigé le 22 décembre 2009 à 11h42 dans Antichristianisme, Délinquance, Ecologisme, Economie et social, Environnement, Tendances, Tribune, Vie politique française | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
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Jean Madiran observe dans Présent de demain que :
La pression anti-papiste exercée sur l’Eglise par voie de veto médiatique est d’un poids énorme. Elle a empêché la béatification d’Isabelle la Catholique. Elle a retardé jusqu’ici celle de Pie XII. Et elle en fait bien d’autres. Son poids ne lui vient pas seulement du fait que les anti-papistes occupent une place souvent dominante aujourd’hui dans la presse et la télévision, dans l’édition, dans la vie politique et dans le système bancaire. Il lui vient en outre de l’écho complice qu’il rencontre, par voie de persuasion ou par voie d’intimidation, dans une partie notable du clergé, de sa hiérarchie et de l’opinion publique catholique. Cela aussi est un résultat désastreux de l’« esprit du concile » désavoué par Benoît XVI.
(...) Le Figaro de lundi accuse grossièrement Benoît XVI d’avoir voulu relancer le « débat sur le Vatican et le nazisme ». C’est manifester combien le point de vue catholique est totalement étranger au Figaro.Car du point de vue catholique, Benoît XVI n’a pas relancé ce débat, il l’a clos.
Rédigé le 21 décembre 2009 à 13h00 dans Antichristianisme, Chrétien(s) au quotidien, Délinquance, Economie et social, Histoire, La vie des médias, Notre Eglise, Tendances, Tribune | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
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Bernard Antony, Président du Cercle d’Amitié française juive et chrétienne, communique :
En décidant d’accorder simultanément le titre de Vénérable, annonciateur d’une béatification, à Jean-Paul II et Pie XII, le pape Benoît XVI manifeste une nouvelle fois combien la plus haute autorité de l’Eglise catholique ne se laisse pas impressionner par les campagnes des médias et des bureaux de la désinformation religieuse et politique.
Comme je l’ai rappelé et motivé dans mon Histoire des Juifs, dans le sillage sur ce point du père Blet et de Judith Cabaud, Pie XII, après avoir été le rédacteur des encycliques de Pie XI condamnant également le communisme (Divini Redemptoris) et le nazisme (Mit brennender Sorge), a été le plus grand sauveur de juifs au cours de la seconde guerre mondiale.
Il protégea notamment efficacement la communauté juive de Rome, apportant toute son aide au grand rabbin Eugenio Zolli, dont Judith Cabaud a si bellement narré la vie et la conversion au Christ.
Rappelons encore l’hommage que lui rendirent parmi ceux de dizaines de personnalités juives, Albert Einstein et le premier ministre de l’Etat d’Israel Madame Golda Meïr, n’en déplaise à certains responsables juifs d’aujourd’hui, mus par un triste ressentiment antichrétien.
L’acte de Benoît XVI constitue aussi un grand encouragement pour le rabbin américain David Dalin qui avec un grand nombre de ses confrères et de juifs éminents, ne cesse de défendre la grande mémoire de Pie XII si ignoblement salie.
Pie XII, qui fut sans aucun doute le plus grand docteur catholique de l’époque moderne, se voit ainsi enfin reconnaître l’héroïcité de son action alliant la fermeté, la prudence nécessaire et la discrétion dans l’efficacité salvatrice.
Rédigé le 21 décembre 2009 à 10h37 dans Antichristianisme, Chrétien(s) au quotidien, Délinquance, Economie et social, Histoire, La vie des médias, Littérature, Notre Eglise, Tendances, Tribune, Vie politique française | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
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